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Apple et Intel vont fabriquer des puces ensemble aux États-Unis : Trump officialise l'accord

Apple et Intel vont fabriquer des puces ensemble aux États-Unis : Trump officialise l'accord

Il aura fallu l’annonce d’un président américain pour valider ce qui se murmurait depuis plusieurs semaines dans les couloirs de la Silicon Valley. Donald Trump a officiellement confirmé jeudi 19 juin 2026 qu’Apple a accepté de travailler avec Intel pour concevoir et fabriquer des puces électroniques sur le territoire américain. Une rupture historique avec des décennies de dépendance à TSMC, et un signal fort pour la souveraineté technologique des États-Unis.

Trump officialise l’accord Apple-Intel

C’est via un post sur Truth Social que le président Trump a lâché la bombe : “Apple a accepté de travailler avec Intel pour concevoir et fabriquer ses puces aux États-Unis.” Ni Apple ni Intel n’ont officiellement commenté l’annonce, mais le Wall Street Journal avait déjà révélé le mois dernier qu’un accord préliminaire était en place entre les deux géants californiens.

Résultat immédiat sur les marchés : l’action Intel a bondi de près de 6% en after-hours à l’annonce de la nouvelle, un mouvement spectaculaire pour un titre qui reste, malgré une belle remontée en 2026, loin de ses niveaux d’antan. Apple, de son côté, affichait une hausse plus modeste, les investisseurs absorbant les implications d’un tel changement de stratégie.

Que fabriquera Intel pour Apple ?

Selon les informations du WSJ, Intel ne fabriquerait pas l’intégralité de la gamme de puces Apple — TSMC garderait la main sur les processeurs les plus avancés, notamment les A-series des iPhone haut de gamme et les M-series Pro/Max. Intel récupérerait la production de puces d’entrée de gamme, à commencer par les versions les moins puissantes des M-series utilisées dans certains iPad et Mac abordables.

Le principe serait identique à ce que fait TSMC aujourd’hui : Apple conçoit ses puces en interne (via son équipe Silicon), Intel se charge de la fabrication (foundry). Une relation cliente similaire à celle qu’Intel a progressivement développée avec d’autres grands donneurs d’ordre depuis le lancement de sa branche Intel Foundry Services.

Le nœud 18A en ligne de mire

Le cœur de cet accord repose sur le procédé 18A d’Intel, actuellement en phase de risk production (production de qualification). Ce nœud technologique de pointe est présenté par Intel comme un leapfrog capable de concurrencer le N2 de TSMC. En début d’année, des rumeurs évoquaient déjà un intérêt d’Apple et de Google pour ce procédé — elles semblent désormais confirmées, au moins pour Apple.

La production en volume sur 18A n’est pas attendue avant fin 2026 ou début 2027, ce qui signifie que les premiers produits Apple fabriqués par Intel n’arriveront probablement pas sur le marché avant le cycle iPhone 19 ou un iPad 2027.

Un accord stratégique sous pression politique

L’administration Trump a fait de la réindustrialisation technologique l’un de ses chevaux de bataille, notamment via le CHIPS Act version 2 et de fortes incitations fiscales pour la production de semiconducteurs aux États-Unis. Intel, qui a bénéficié de milliards de dollars de subventions gouvernementales pour ses usines en Ohio et en Arizona, est au cœur de cette politique.

Apple, de son côté, fait face à une pression croissante pour localiser une partie de sa chaîne d’approvisionnement sur le sol américain, notamment depuis les tensions tarifaires avec la Chine. Conclure un accord avec Intel coche plusieurs cases politiques et stratégiques à la fois.

“C’est un signal fort que l’Amérique redevient capable de fabriquer les meilleures puces du monde”, a déclaré Trump dans son post Truth Social.

Intel : une revanche sur l’histoire

Pour Intel, cet accord représente bien plus qu’un contrat commercial. La relation entre Apple et Intel remonte aux années 2000, lorsque Steve Jobs avait choisi les processeurs Intel pour les Mac en 2005 — une décision qui avait été une gifle pour IBM et PowerPC. Puis en 2020, Apple avait rompu avec Intel au profit de ses propres puces Apple Silicon, une décision qui avait profondément fragilisé Intel sur le marché des processeurs pour PC.

Désormais, les rôles s’inversent partiellement : Intel devient fondeur pour Apple, non plus fournisseur de processeurs finis. C’est une tout autre logique commerciale, plus proche de celle de TSMC que de l’Intel traditionnel.

La transformation d’Intel en foundry crédible a été longue et douloureuse. Le groupe a subi des pertes colossales, des retards de production et une concurrence féroce de Samsung et TSMC. Mais les investissements massifs dans de nouvelles usines et l’arrivée du nœud 18A semblent commencer à porter leurs fruits.

Le contexte de macOS 27 “Golden Gate”

Cette annonce intervient au moment même où Apple a introduit macOS 27 “Golden Gate”, la dernière version de macOS à intégrer Rosetta 2 — la couche de compatibilité permettant aux applications conçues pour les anciens processeurs Intel de tourner sur les Mac Apple Silicon. Après des années de transition, Apple coupe définitivement le cordon avec l’Intel de l’ère PC.

Mais cette rupture symbolique coexiste désormais avec un nouveau partenariat industriel. L’histoire entre Apple et Intel s’écrit donc un nouveau chapitre, très différent du précédent.

Implications pour TSMC et l’industrie

L’accord Apple-Intel soulève une question centrale : quelle est la portée réelle de cette relation pour TSMC ? Rassurons les actionnaires du géant taïwanais : à court terme, rien ne change fondamentalement. TSMC continuera de fabriquer l’essentiel des puces Apple, notamment les plus avancées. Mais sur le long terme, si Intel parvient à livrer sur sa promesse 18A, Apple pourrait progressivement lui confier une part croissante de sa production.

Pour l’industrie des semiconducteurs, ce deal envoie un signal fort : la géopolitique redessine les chaînes d’approvisionnement. Les États-Unis veulent produire chez eux ce qu’ils consomment, et Apple — la plus grande entreprise mondiale en termes de capitalisation — vient de prêter son nom à cet effort.

D’autres entreprises technologiques pourraient être encouragées à suivre ce chemin, notamment si des avantages fiscaux supplémentaires sont conditionnés à la production locale.

Ce qu’il faut retenir

  • Trump confirme officiellement qu’Apple et Intel vont collaborer pour fabriquer des puces sur le sol américain.
  • L’accord porterait sur des puces d’entrée de gamme pour iPad et Mac, pas les processeurs premium des iPhone haut de gamme.
  • Intel utiliserait son procédé 18A, actuellement en qualification, pour produire ces composants.
  • L’action Intel a bondi de près de 6% à l’annonce, reflétant l’importance stratégique du deal.
  • Les premiers produits issus de cet accord ne sont pas attendus avant fin 2026 ou 2027.
  • TSMC reste le fabricant principal d’Apple à court terme, mais ce deal ouvre une nouvelle ère de diversification.

Apple a donc officiellement choisi de parier sur Intel pour réindustrialiser une partie de sa production de puces. Un pari audacieux, chargé d’histoire et lourd d’enjeux géopolitiques — qui pourrait redéfinir les rapports de force dans l’industrie des semiconducteurs pour les prochaines années.

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