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Oxford Quantum Circuits lève 301 millions d'euros : le record européen du quantique est battu

Oxford Quantum Circuits lève 301 millions d'euros : le record européen du quantique est battu

L’informatique quantique européenne vient de franchir un cap symbolique majeur. Oxford Quantum Circuits (OQC), startup britannique fondée par des chercheurs de l’Université d’Oxford, a annoncé début juin 2026 une levée de fonds de 301 millions d’euros (260 millions de livres sterling) en Series C — le plus grand tour de table privé jamais réalisé dans le secteur de l’informatique quantique en Europe.

Ce financement record, sursouscrit, place OQC au rang des acteurs les plus sérieux de la course mondiale au quantique — une course qui oppose désormais des géants comme IBM, Google, Microsoft et des startups comme IonQ, Rigetti… ou la française Quobly.

OQC : qui sont-ils ?

Fondée en 2017, Oxford Quantum Circuits est née dans les laboratoires du département de physique de l’Université d’Oxford. La startup s’est spécialisée dans une technologie particulière : les qubits supraconducteurs de type “coaxmon” — une architecture propriétaire développée par l’équipe de recherche du Dr Peter Leek.

Ce qui distingue OQC de ses concurrents :

  • Une architecture 3D innovante qui permet d’empiler les composants quantiques et d’améliorer la densité et la connectivité des qubits
  • Des performances de fidélité élevées — indicateur clé de la qualité des opérations quantiques
  • Une plateforme cloud quantique déjà opérationnelle, accessible aux entreprises et institutions de recherche
  • Des contrats avec des clients gouvernementaux en Europe et en Asie (Japan, via SBI comme investisseur)

La startup a jusqu’à présent levé environ 430 millions de livres en cumulé sur ses trois tours de financement — un positionnement solide pour une entreprise de hardware quantique.

Le tour de table : qui a misé sur OQC ?

La levée de Series C a été menée par Bullhound Capital, fonds d’investissement technologique européen réputé, avec une liste d’investisseurs institutionnels très variée :

Investisseurs publics :

  • British Business Bank — avec un ticket de 100 millions de livres sterling, représentant la plus grande partie du tour. La banque publique britannique d’investissement fait d’OQC un fleuron national de la stratégie quantique du Royaume-Uni.
  • COFIDES — organisme espagnol de financement du développement international

Investisseurs privés :

  • Fynveur (conseillé par Invus), Alpha Edison, Fulcrum Asset Management, Pentland Ventures, Magdalen College Oxford, Adaptive Capital Partners, Firgun Ventures, 18 West, Oxford Capital

Investisseurs existants reconduits :

  • Oxford Science Enterprises (premier bailleur historique)
  • SBI (groupe financier japonais)
  • Chevron Technology Ventures (deuxième participation consécutive)
  • The University of Tokyo Edge Capital Partners
  • OTIF Ventures

J.P. Morgan a agi comme agent de placement exclusif pour la transaction — un signal fort de la maturité financière d’OQC.

Ce que financera les 301 millions d’euros

OQC a communiqué clairement sur l’utilisation des fonds :

1. Expansion internationale La startup vise une présence opérationnelle dans de nouveaux marchés prioritaires — notamment l’Europe continentale (avec potentiellement une présence en France ou en Allemagne), l’Asie-Pacifique et le Moyen-Orient. Des centres de données quantiques seront ouverts pour permettre un accès cloud à ses ordinateurs quantiques.

2. Accélération de la feuille de route technologique OQC vise le quantique tolérant aux fautes (fault-tolerant quantum computing) — le Saint Graal du secteur, où les ordinateurs quantiques pourront opérer de manière fiable sur des problèmes réels sans être sabotés par les erreurs de décodage. C’est encore une course contre l’horloge : ni IBM, ni Google, ni aucun acteur n’y est encore arrivé.

3. Investissement en R&D matériel Développement de la prochaine génération de puces quantiques supraconductrices avec plus de qubits et une meilleure fidélité.

La course mondiale au quantique : où en est-on ?

Pour mettre la levée d’OQC en perspective, voici l’état du marché mondial en 2026 :

ActeurTechnologieStatut
IBMSupraconducteur1000+ qubits (Eagle, Osprey) — leader enterprise
GoogleSupraconducteurWillow 105 qubits — percée erreur correction 2024
MicrosoftTopologiqueChip “Majorana 1” annoncé début 2025
IonQIons piégésCoté en bourse, 35 qubits algorithmiques
RigettiSupraconducteurCoté en bourse, difficultés financières
OQCSupraconducteur (coaxmon)Privé, architecture 3D propriétaire
QuoblySilicium (spin)Français, 115M€ levés en 2026
PasqalAtomes neutresFrançais, en pleine montée en puissance

Le marché mondial de l’informatique quantique devrait atteindre 850 milliards de dollars d’ici 2040 selon les projections les plus optimistes — bien que les timelines restent incertaines.

L’Europe dans la course : enjeux stratégiques

La levée d’OQC s’inscrit dans un contexte géopolitique crucial. La souveraineté technologique est devenue une priorité pour l’Union Européenne et le Royaume-Uni, qui cherchent à ne pas se retrouver dépendants des technologies quantiques américaines ou chinoises.

La Chine investit massivement dans le quantique — avec des programmes nationaux estimés à plusieurs dizaines de milliards de dollars. Les États-Unis ont leur National Quantum Initiative Act. L’Europe a son Quantum Flagship, programme décennal de 1 milliard d’euros.

Dans ce contexte, une levée de 301 millions pour une seule startup européenne est un signal fort que les investisseurs privés croient que le quantique européen peut rivaliser avec ses concurrents américains et asiatiques.

En France, Quobly (qui avait levé 115 millions d’euros début 2026) et Pasqal montrent que l’hexagone n’est pas en reste. Mais le Royaume-Uni, avec OQC, semble pour l’instant en tête dans la course à la capitalisation.

Quand le quantique sera-t-il “utile” ?

La grande question qui demeure : quand l’informatique quantique sera-t-elle assez puissante pour résoudre des problèmes réels que les ordinateurs classiques ne peuvent pas résoudre ?

Les experts s’accordent sur quelques domaines d’application prioritaires :

  • Simulation moléculaire pour la découverte de médicaments et matériaux (5-10 ans)
  • Optimisation logistique et financière (3-7 ans pour des avantages quantiques partiels)
  • Cryptographie — les ordinateurs quantiques pourraient théoriquement briser certains chiffrements actuels (10-20 ans)
  • IA quantique — accélérer l’entraînement de modèles d’apprentissage automatique (futur lointain)

OQC a annoncé avoir atteint “plusieurs jalons de première mondiale” avec son prototype Polaris — mais la startup, comme ses concurrents, reste prudente sur les timelines précises.

Ce qu’il faut retenir

  • OQC lève 301 millions d’euros en Series C, le plus grand tour privé de l’histoire du quantique européen
  • Le tour est mené par Bullhound Capital, avec la British Business Bank comme ancre (100M£)
  • J.P. Morgan a agi comme agent de placement exclusif — signe de maturité financière
  • Les fonds financent l’expansion internationale, la R&D matériel et la feuille de route vers le quantique tolérant aux fautes
  • La levée s’inscrit dans une course géopolitique mondiale où l’Europe cherche sa souveraineté quantique
  • OQC rejoint la française Quobly (115M€) dans le peloton des startups quantiques européennes les mieux financées
  • L’informatique quantique tolérant aux fautes reste l’objectif ultime — encore à plusieurs années, au moins

Pour en savoir plus sur le quantique français, lisez notre article sur Quobly et ses 115 millions d’euros.

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